Fiducie du patrimoine ontarien
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Carolinien Canada

Le grand héron (14K)Les Canadiens ne considèrent habituellement pas les opossums, les magnolias, les cactus et les sassafras comme des espèces indigènes ; on en trouve, pourtant, dans le sud-ouest de l'Ontario. Après tout, les régions les plus méridionales de la province sont à la même latitude que le nord de la Californie. En effet, la présence de vastes étendues d'eau tempère le climat qui, de ce fait, est assez doux pour supporter des écosystèmes typiques des Carolines. Un étroit ruban de forêts caroliniennes longe la rive nord du lac Érié et ouest du lac Ontario. Bien que cette zone carolinienne ne représente que 0,25 p. 100 de la masse terrestre du Canada, elle abrite davantage de spécimens rares de la flore et de la faune nationales que toute autre région du pays.

Lorsque les Européens arrivèrent dans l'actuel Ontario, la plus grande partie du sud-ouest du territoire était couverte de forêts. Des milliers d'hectares de marais entouraient les lac Érié et lac Sainte-Clair, et la région était parsemée de prairies couvertes de fleurs sauvages et de marécages. De nos jours, c'est sur l'Île Walpole, située au nord du lac Sainte-Clair, que l'on trouve les plus grandes étendues de prairies hautes qui restent en Amérique.

Rudbeckie à tête grise (16K)Son climat doux et ses sols riches ont fait de cette région carolinienne une zone privilégiée pour l'agriculture et pour l'expansion urbaine. En conséquence, seulement trois pour cent de la couverture forestière initiale subsiste ; presque 90 pour cent des marais ont disparu et les prairies sont parmi les écosystèmes les plus menacés. La perte d'habitat a eu une influence majeure sur la flore et la faune. Ainsi, la toute petite paruline orangée est maintenant confinée à un petit nombre de sites de nidification. Les poissons et toutes les petites bêtes rampantes du fond des rivières en ont également souffert. Bien qu'au départ, elle ait constitué l'habitat le plus riche du pays, la région carolinienne contient désormais des espèces plus rares, menacées et en danger que toute autre région du Canada.

Carolinien Canada est un projet de coopération créé en 1984 par la province de l'Ontario et par des associations écologistes à but non lucratif, de façon à protéger la diversité de la région. En 1987, le gouvernement de l'Ontario, Habitat faunique Canada, la Société canadienne pour la conservation de la nature, et le Fonds mondial pour la nature Canada ont engagé 3,6 millions de dollars pour protéger trente-huit zones naturelles critiques constituant 40 772 acres (16 500 hectares). La Fiducie protège plus de 2 000 acres (plus de 800 hectares) dans cette région. Des subventions accordées à des associations locales ont permis de mettre les propriétés privées sous tutelle publique, d'acquérir des terres, de faire des campagnes d'information auprès du public, de protéger les espèces menacées et de restaurer les écosystèmes en voie de disparition. La Fiducie du patrimoine ontarien a assumé un rôle majeur de fiduciaire de même que d'administrateur des fonds et subventions (jusqu'en 1994) et elle continue de faire partie du comité de gestion du projet.

Grenouille verte (21K)Carolinien Canada connaît un franc succès. Deux tiers des 38 régions désignées sont maintenant protégées par les offices de protection de la nature ou des propriétaires privés. Son rôle de tutelle s'est avéré particulièrement utile. Des prix ont été décernés aux propriétaires fonciers qui ont conclu des accords verbaux de façon à protéger leur terre et ses particularités. Les propriétaires terriens privés qui ont conclu des ententes verbales de conservation de leurs terres et de leurs caractéristiques ont touché des subventions. C'est ainsi que plus de mille d'entre eux ont accepté de protéger plus de 14 826 acres (6 000 hectares) d'habitat carolinien ; d'autre part, des associations de protection de la nature ont, dans le même but, acquis 14 579 acres (5 900 hectares) supplémentaires. Ainsi, la Fiducie a acheté la réserve de Rowanwood, et a des servitudes sur les bois de Backus, sur les propriétés de Mill Point et de Hanrath, afin d'assurer la protection à long terme de ces sites importants de Carolinien Canada.

La protection de la zone carolinienne reste un problème de conservation très discuté.

 

 

 

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